mercredi, 11 août 2010

L'Art de la guerre est-il toujours d'actualité ?

go.jpgL'Art de la guerre est un ouvrage qui daterait de 500 avant J-C. D'origine chinoise, il aurait été écrit par Sun Tzu. Il décrit par le menu la stratégie qu'un général doit adopter pour gagner toutes les batailles qu'il aurait à livrer. Ce livre très ancien qui fait tant parler de lui est-il toujours d'actualité à l'ère de la globalisation, et du Web 2.0 ?

C'est ce que je voulais vérifier, et c'est tout naturellement le premier ouvrage que j'ai dévoré sur iPad. La traduction qui m'a été proposée est celle du Père Amiot, première traduction française datant de 1772. Elle n'est pas commentée et reste accessible. Je vous la conseille.

J'y ai vu plusieurs applications modernes tant dans le domaine de l'entreprise (stratégie et management, que politique). En fait il s'agit dans bien des cas de " bon sens ". Sun Tzu m'a cependant apparu comme radical et cynique, et au premier degré tout les moyens sont bons pour gagner une bataille : envoyer des leurres, manoeuvrer, tromper, espionner ... Est fou et inconscient celui qui voudrait aujourd'hui l'appliquer à la lettre. Pourtant une lecture moderne et critique lui donne plus de profondeur.

La première image que j'ai d'ailleurs choisi pour illustrer cet article est celle d'un jeu de Go. Le jeu de Go est un jeu de stratégie d'origine asiatique, contrairement au jeu d'échec qui - à mon sens - est d'avantage basé sur la tactique. On peut aussi parler du poker pour l'art du bluff.

Sun Tzu avait compris qu'une guerre se gagnait sur les apparences. N'est ce pas encore le cas aujourd'hui ? La communication a pris un ascendant certain, et elle a prise tant sur les équipes internes, que sur la populations et les marchés financiers.

Voici quelques extraits qui m'ont paru intéressant. J'espère vous donner envie de lire l'ouvrage dans son intégralité. Vous aurez peut être d'ailleurs une autre lecture que la mienne que je vous invite à partager.

Sur le management :

" Je dis que vous devez aimer tous ceux qui sont sous votre conduite comme vous aimeriez vos propres enfants. "

C'est limpide. Comment espérer manager efficacement si on méprise son équipe. Aimer ne veut pas dire être trop gentil, aimer ses enfants c'est agir avec bienveillance pour leur bien, leur épanouissement.

" S'il arrive que vos troupes nonchalamment assises donnent des marques de tristesse, si elles vont jusqu'à verser des larmes, tirez-les promptement de cet état d'assoupissement et de léthargie, donnez leur des festins, faites-leur entendre le bruit des tambours et des autres instruments militaires, exercez-les, faites-leur faire des évolutions, faites-leur changer de place, menez-les même dans des lieux un peu difficiles, où elles aient à travailler et à souffrir. "

" Les hommes se conduisent ordinairement par l'intérêt; si vos troupes ne trouvent dans le services que des peines et des travaux, vous ne les emploierez pas deux fois avec avantage. "

Il arrive souvent que le découragement et le stress anime une équipe. C'est là qu'il faut proposer de nouveaux projets - mêmes difficiles et ambitieux - former, faire évoluer. Par ailleurs si l'équipe ne se sent pas récompensée comme il se doit, elle ne produira pas deux fois le même effort.

" S'il ignore les besoins de ceux qui composent sont armée, s'il ne sait pas le genre d'occupation auquel chacun d'eux exerçait auparavant, afin d'en tirer parti suivant leurs talents; s'il ne connait pas le fort et le faible de ses gens, s'il n'a pas lieu de compter sur leur fidélité, s'il ne fait pas observer la discipline dans toute la rigueur, s'il manque du talent de bien gouverner, s'il est irrésolu et s'il chancelle dans les occasions où il faut prendre tout d'un coup son parti, s'il ne fait pas dédommager à propos ses soldats lorsqu'ils auront eu à souffrir, s'il permet qu'ils soient vexés sans raison par leurs officiers, s'il ne sait pas empêcher les dissensions qui pourraient naître parmi les chefs; un général qui tomberait dans ces fautes rendrait l'armée boiteuse et épuiserait d'hommes et de vivres le royaume ".

" Des troupes qui ne seraient pas bien conduites, ne sauraient vaincre."

Un résumé des qualités d'un manager selon Sun Tzu... D'ailleurs pensez vous que vos responsables hiérarchiques aient en tête votre CV et ce qui vous passionne ? Vous seriez peut être déçu...

" Ne négligez rien de tout ce qui peut contribuer au bon ordre, à la santé, à la sûreté de vos gens tant qu'ils seront sous votre conduite ; ayez grand soin que les armes de vos soldats soient toujours en bon état. "

Les locaux, le matériel, le bien être... autant de sujets d'actualités et trop souvent mis à l'écart. Manger correctement, faire du sport, être bien assis et avoir une lumière naturelle suffisante, avoir une mutuelle pour se soigner... Autant de sujets qui ne sont pas secondaires bien au contraire. Quelqu'un en bonne forme et motivé est plus productif n'est ce pas ?

" C'est à l'habilité du général à faire naître les occasions et à distinguer lorsqu'elles sont favorables; mais il ne doit pas négliger pour cela de prendre l'avis des officiers généraux, ni de profiter de leurs lumières, surtout si elles ont le bien commun pour objet. "

Un bon manager doit aussi savoir écouter.

" N'oubliez rien pour lui débaucher ce qu'il y aura de mieux dans son parti : offres, présents, caresses, que rien ne soit omis... "

Sun Tzu conseille également le débauchage chez l'ennemi. Cela peut paraître obscure, et pourtant si la personne n'est pas heureuse là où elle est, de qui est ce la faute ? C'est un enjeu qui va parfois même devant les tribunaux pour certains cas, mais l'atout humain reste essentiel.

 

echec.jpg

 

Sur la stratégie :

" Rendez- vous dans des lieux où l'ennemi ne puisse pas soupçonner que vous ayez dessein d'aller. Sortiez tout à coup d'où il ne vous attends pas, et tombez sur lui lorsqu'il y pensera le moins ".

" Un ennemi surpris est à demi vaincu. "

La culture du secret a longtemps été le crédo d'Apple, qui a plusieurs fois surpris ses concurrents : l'ipod, l'iphone, l'ipad... Quand le secret s'est éventé, il était déjà trop tard pour riposter (R&D, développements, tests, recherche des fournisseurs, productions ...)

" S'il faut cacher vos desseins, soyez obscur comme les ténèbres. Gardez- vous sur toutes choses de faire jamais aucune sortie en vain. "

Là encore reprenons l'exemple d'Apple qui communique souvent succinctement ou via les keynotes. A modérer car à l'heure du Web 2.0 il est bon aussi de partager, d'échanger et d'apprendre de ses clients / usagers. Cependant il arrive à Steve Jobs assez fréquemment de répondre à des messages qui lui sont adressés directement ou au support technique, autrement dit le sujet semble lui apparaître important.

" Ce n'est pas tout. Comme il est essentiel que vous connaissiez à fond le lieu où vous devez combattre, il n'est pas moins important que vous soyez instruit du jour, de l'heure, du moment même du combat; c'est une affaire de calculs sur laquelle il ne faut pas vous négliger. Si l'ennemi est loin de vous, sachez jour par jour le chemin qu'il fait, suivez-le pas à pas, quoique en apparence vous restiez immobile dans votre camp ... "

" Il consiste encore à vous tenir continuellement sur vos gardes pour n'être pas surpris, et à veiller sans cesse pour épier le moment de surprendre votre adversaire. "

" Un bon général doit connaître tous les lieux qui sont ou qui peuvent être le théâtre de la guerre, aussi distinctement qu'il connaît tous les coins et recoins des cours et des jardins de propre maison. "

" Une armée sans agents secrets est un homme sans yeux ni oreilles ".

Il est question dans ces extraits d'une activité essentielle : la veille. Il est indispensable de savoir ce qu'il se fait, par qui, comment. Sun Tzu va jusqu'à suggérer l'usage d'espions. Aujourd'hui nous parlons bien d'espionnage industriel. Ce sont des menaces qui sont prises très au sérieux par les grandes entreprises.

" Ainsi prenez une voie indirecte et divertissez l'ennemi en lui présentant un leurre. "

Des leurres. Reprenons le si bon exemple d'Apple. Du buzz et des rumeurs précédent les différentes annonces il y en a plein. Il y a même eu l'épisode du vol et du recèle du prototype de l'iPhone 4. Les rumeurs servent aussi à déstabiliser la concurrence, autant que de sonder le marché et attiser la curiosité.

Ayez constamment une extrême attention à ne jamais séparer les différents corps de vos armées. Faites qu'ils puissent toujours se soutenir aisément les uns les autres; au contraire faites faire à l'ennemi le plus de diversions qu'il se pourra. S'il se partage en dix corps, attaquez chacun d'eux séparément avec votre armée toute entière ; c'est le véritable moyen de combattre toujours avec avantage. De cette sorte, quelque petite que soit votre armée, le grand nombre sera toujours de votre côté. Que l'ennemi ne sache jamais comment vous avez l'intention de combattre, ni la manière dont vous vous disposez à l'attaquer ou à vous défendre. Car, s'il se prépare au front ses arrières seront faibles, s'il se prépare à l'arrière son front sera fragile, s'il se prépare à gauche, sa droite sera vulnérable, s'il se prépare à sa droite sa gauche sera affaiblie, et s'il se prépare en tout lieu il sera partout en défaut. "

Se concentrer sur un sujet à la fois. Chez Apple Mac OS X a été une priorité. Maintenant qu'il est stable et fonctionnel, et reconnu comme tel, c'est iOs qui est devenu la priorité. Ainsi contrairement à Microsoft et à Google l'entreprise se diversifie mais se concentre généralement sur un seul sujet. Pas sûr que cela puisse durer. Par ailleurs Sun Tzu dit aussi qu'avoir une grande armée n'est pas forcément idéal si elle est mal encadrée et employée. Je pense aussi ici à la politique, à Nicolas Sarkozy qui a multiplié les fronts et donc les critiques, et qui a par là même brouillé son message.

alice.jpg

Sur la politique ? :

" Si les différents corps qui composent l'armée des ennemis ne se soutiennent pas entre eux, s'ils sont occupés à s'observer mutuellement, s'ils cherchent réciproquement à se nuire, il vous sera aisé d'entretenir leur mésintelligence, de fomenter leurs divisions; vous les détruirez peu à peu les uns par les autres, sans qu'il soit besoin qu'aucun d'eux se déclare ouvertement pour votre parti; tous vous serviront sans le vouloir, même sans le savoir ".

Cela ne vous rappelle rien ? Récemment le PS se déchirait de congrès en congrès. Dans ce cas de figure il suffit de ne rien faire. Si je parle ici du PS il fut un temps aussi où le RPR/UDF se déchirait également.

Pour conclure :

" Connais-toi toi-même, connais ton ennemi, ta victoire ne sera jamais mise en danger. Connais le terrain, connais ton temps, ta victoire sera alors totale. "

Et le Web 2.0 dans tout cela ?

Le Web 2.0 offre des outils participatifs et collaboratifs en temps réel ainsi qu'en mobilité.

Par exemple pour la veille vous pouvez connaître en temps réel les dernières informations disponibles, vous savez qui est recruté et par qui, vous savez qui heureux ou qui est malheureux ...

Vous pouvez effectuer des sondages, et connaître les attentes de vos clients / usagers.

Le Web permet également d'initier un buzz, de lancer pour certains des leurres, et de communiquer avec une rapidité étonnante pour surprendre le marché.

En contre-partie il devient plus difficile d'être secret, car la veille que vous effectuez d'autre la font également, et c'est à celui qui sera le mieux informé, le plus vite et surtout qui saura tirer parti des informations qu'il aura reçu.

Et vous qu'en pensez vous ?

vendredi, 06 août 2010

Si l'amour dure vraiment 3 ans, qu'en est il de notre relation à l'entreprise ?

entretien.jpgDans cette note je vous expliquais qu'une théorie tendrait à démontrer que l'amour serait vouée à durer 3 ans... Je vous laisse y réagir. La question que je me pose aujourd'hui avec vous est la suivante : quel est l'impact du temps dans notre relation avec l'entreprise qui nous emploie.

Il semble admis aujourd'hui qu'aucun de nous - sauf rare exception - ne passera toute sa vie professionnelle dans la même entreprise. Ceci à cause de notre environnement économique en crise, ou à une envie plus grande de mobilité. Il est humain, et je pense salutaire, d'apprendre des méthodes différentes, des manières de faire différentes, et de rencontrer des gens différents.

Cela étant dit le "turn over", ce roulement des effectifs, est aujourd'hui perçu par les employeurs comme "normal". Pire encore on pointe du doigt une génération (Y) comme étant instable. Au contraire il me semble qu'à un certain niveau le turn over est plutôt un grand danger. En effet un salarié formé, à l'aise avec les produits, les procédures, et ses collègues, qui s'en va et c'est reprendre un cycle de recrutement, d'intégration, de formation, avec un risque d'erreur élevé et un coût important ... Ce "turn over" est à l'évidence dans bien des cas synonyme d'un grand malaise dont les causes peuvent être multiples.

J'ai remarqué après 12 ans d'expériences professionnelles diverses qu'une première étape dans notre relation à l'entreprise se situe autour du premier anniversaire. C'est toujours l'occasion de faire un premier bilan. Autant l'entretien d'embauche peut se comparer à un rituel amoureux de séduction des deux côtés, autant après quelques mois on se rend compte des défauts de l'autre, de ce qui a été volontairement ou non caché, ou enjolivé.

Par ailleurs il me semble tout à fait légitime de souhaiter, à intervalles réguliers, voir les projets confiés évoluer au même titre que sa rémunération. Après tout l'expérience à l'extérieur comme à l'intérieur de l'entreprise a de la valeur et personne ne souhaite faire toujours la même chose mais au contraire apprendre et avoir de nouveaux défis. Je comparerais volontiers cette situation à celle d'un abonné fidèle à un opérateur téléphonique qui est obligé de résilier et d'aller à la concurrence pour avoir les nouveaux forfaits, les nouveaux services et le nouveau téléphone flambant neuf. On ne récompense plus la fidélité.

Sur le point précis de la rémunération qui nous concerne tous et qui est le nerf de la guerre, il me semble évident qu'un intéressement aux résultats de l'entreprise par des primes variables sur des objectifs qualitatifs ou quantitatifs, et sur le chiffre d'affaire de la dite entreprise (participation / stocks options / actions ...), est le plus motivant des systèmes. Là encore quand une équipe se dépasse et ne compte pas ses heures pour décrocher un nouveau contrat et l'honorer de la meilleure manière, quoi de plus normal que de dire à chacun : voilà ta part, fais toi plaisir, fait plaisir à ta famille, tu as bien travaillé. C'est la reconnaissance.

Il y a également un autre point parfois négligé et pourtant très important c'est l'environnement et les avantages : cadre de travail agréable, matériel adéquat, comité d'entreprise, mutuelle, cantine inter-entreprise ou tickets restaurants, crèches d'entreprise, télétravail, RTT pour se ressourcer avec sa famille, formations, séminaires à l'étranger ... autant de détails qui comptent énormément et souvent négligés. Pourquoi croyez vous que des entreprises comme Google ou Twitter soient si accueillantes ? Pour avoir les meilleurs... et les garder !

Le management ce n'est pas facile. Beaucoup de dirigeants d'entreprise n'ont pas forcément l'art et la manière. Mais comme dans le community management où on partage avant de recevoir, où on dialogue avant d'avoir des réponses, où on récompense sa communauté, il faut savoir être là pour son équipe car la valeur d'une entreprise n'est elle pas avant tout ... humaine ?

jeudi, 10 juin 2010

Le tutoiement

politesse.jpgDans le milieu dans lequel j'évolue professionnellement tous le monde se tutoie allègrement que cela soit en interne, avec les fournisseurs/prestataires ou avec les clients et surtout (je ne sais pas pourquoi) les agences. D'ailleurs l'avez vous remarqué on se tutoie aussi facilement sur Internet.

Honnêtement, je ne suis pas toujours fan. Le vouvoiement marque une forme de respect (comme le fait de dire systématiquement "Bonjour" et "Merci" ou d'écrire correctement), et mets une barrière que je pense indispensable à bien des égards. Lorsque l'on se tutoie les barrières tombent, et j'ai remarqué que l'on se permet plus de choses, dépassant parfois les limites car on s'oublie plus facilement.

Le tutoiement marque une forme d'intimité. On tutoie sa famille, ses amis, et les personnes avec lesquelles on se sent le mieux et que l'on aime. Le respect va de soi. Le tutoiement permet de dire les choses sans prendre de gants, et d'aller droit au but, pour les bonnes et les mauvaises choses. Mais, selon moi, ce qui est possible avec ses proches est plus compliqué avec des relations strictement professionnelles avec un lien hiérarchique. Il en va sûrement de même de la "bise".

Que penser de quelqu'un qui m'appelle, que je connais à peine, qui me dit "Salut", "Comment vas tu", comme un rituel obligé, une nouvelle convention, sans même souvent écouter la réponse parce que cette proximité là, est parfois (pas toujours heureusement) factice.

Au contraire j'ai toujours considéré que le vouvoiement était une forme de respect mutuel qui permet de se dire les choses en se respectant et avec les formes car si on doit se dire les choses et avancer ensemble, on ne doit pas vexer, blesser ou même humilier quelqu'un. Le vouvoiement permet de ne pas tomber dans certains travers. D'ailleurs quand on commence à se tutoyer avez vous remarqué que jamais on ne revient en arrière ? Sauf dans de rares cas...

Les japonais en la matière sont des exemples. Sans tomber dans les excès il me semble bien que cette éducation là se perd un peu. Qu'en pensez vous ?

PS à destination de mes collègues et contacts quotidiens : il n'y a pas de message caché ici, juste une pensée personnelle.

22:09 Écrit par Pascal Kammerer (pk@!) dans Education, Emploi | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salut, bonjour, salutations, politesse, rituel, respect, amis, famille, collègues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 18 mai 2010

"Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez plus jamais à travailler un seul jour de votre vie."

voyage.jpgSi une citation circule sur les réseaux sociaux c'est bien celle ci attribuée à Confucius : "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez plus jamais à travailler un seul jour de votre vie". Un travail de rêve, qu'est ce que c'est ? Chacun aura sa propre définition, selon sa personnalité, ses compétences et ses rêves.

Vous aurez remarqué qu'offrir "un job de rêve" est à la mode en ce moment. Il y a d'abord eu cette ile à proximité de l'Australie. Maintenant c'est au tour de France Soir qui après son rachat cherche à se relancer en faisant parler de lui. Le quotidien propose de devenir reporter et de faire le tour du monde (rien que ça !). Joli coup de pub !

Vient se greffer un site ( http://benoot.com/ ) qui propose de faire gagner un ipad à ceux qui soutiendront l'un des candidats : Romain. Deux façon de faire parler de soi, via les réseaux sociaux notamment. Souvenez vous de ce premier concours fort intelligemment conçu.

Si vous décidez de participer, bonne chance, et n'oubliez pas de citer ce blog comme parrain ;-)

21:59 Écrit par Pascal Kammerer (pk@!) dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, rêve, ipad, concours, voyage, publicité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 17 avril 2010

Entre le marteau et l'enclume... les métiers en contact avec la clientèle

club-internet.jpgIl y a des métiers particulièrement exigeants moralement, et qui même si vous êtes resté assis toute la journée devant votre ordinateur peuvent se révéler particulièrement fatigants, et ... usants. Je parle des métiers liés à la relation clientèle.

J'ai travaillé pendant plus de 10 ans dans la relation clientèle, grand public et grands comptes dans le secteur des nouvelles technologies. D'abord à la hotline de Club-Internet (à l'époque sans script et sans filet, une chance !) avant de découvrir de nombreuses facettes du support pour plusieurs sociétés dont la mienne. Je peux attester que, si l'on est investi dans son travail, il n'est pas rare de finir la journée avec une boule dans le ventre, et cette désagréable impression d'être sans cesse entre le marteau et l'enclume. Même si jamais je n'y ai eu recours, pas étonnant que la consommation d'anti-dépresseurs soit en si nette augmentation.

Aujourd'hui tout va très vite, c'est la course. C'est à celui qui répondra le mieux, le plus vite et le moins cher, à la demande du client dans cette compétition internationale souvent très inégale. Crise oblige, et l'alimentant malgré lui, le client recherchera le meilleur rapport qualité/prix et n'hésitera pas (et c'est là aussi un privilège que d'avoir cette liberté) à faire jouer la concurrence fusse-t-elle à l'autre bout du monde avec tout ce que cela implique de dérangeant (chômage local, dumping social, respect des droits de l'Homme, esclavagisme, travail des enfants, risques sanitaires...). Ainsi et dans la recherche du moindre coût, de manière parfois déraisonné voir déraisonnable, on délocalise, on sous-traite et on pressurise un maximum.

La hiérarchie, elle-même pressurisée par la sienne ou par les marchés, et les clients (qui oublient un peu souvent qu'ils sont aussi consommateur-citoyen, et salariés) placent les métiers du service client entre un marteau et une enclume.

C'est un peu vite oublier l'importance du support apporté au client. Souvent seul contact avec lui, le conseiller a une conscience aiguë de ses attentes, de ses critiques, de ses idées voir de ses préoccupations. Mieux que n'importe quel spécialiste des études marketing il saura très souvent flairer les évolutions du marché du produit qu'il défend. Par ailleurs il est l'image de la société/marque d'un côté, et le meilleur allié du client de l'autre. Autrement dit le martyriser est totalement contre-productif du côté de l'entreprise qui l'emploie, comme du consommateur, même si ce dernier n'a parfois pas d'autre choix s'il est lui même malmené... (véritable cercle vicieux où les vrais responsables ne sont jamais inquiétés).

Nous vivons actuellement une transformation de ce domaine professionnel qui se tourne également vers le communautaire. Les réseaux sociaux, les forums, bref l'Internet 2.0, permet un véritable échange avec le client, et une démarche de co-innovation. Les préalables sont pourtant les mêmes avec une marque qui doit le prendre au sérieux, et des clients qui doivent saisir cette opportunité de participer.

Mon évolution professionnelle m'a conduit à devenir Chef de Projets et à constater avec du recul que le support n'est jamais très loin avec certains de ses gros travers.

N'oubliez jamais que dans ces postes en relations avec la clientèle, vous avez vos meilleurs alliés en interne comme en externe et qu'avec un professionnel qui a les moyens liées à sa mission, vous pouvez aller très loin dans la réussite de vos projets. Et la prochaine fois que vous appellerez le conseiller clientèle de votre opérateur téléphonique dites vous que ce n'est peut être pas à lui de tout encaisser. Ce qui est sûr c'est que l'on en apprend beaucoup sur les bons et les mauvais côté de la nature humaine et le fonctionnement de notre société.

mardi, 12 janvier 2010

Etre autodidacte

ecolierdort.jpgJe suis un autodidacte. J'ai commencé à travailler à 18 ans pour Club-Internet. De mon Alsace natale j'ai eu une forte envie de venir vivre sur Paris, et de vivre pleinement le boum des nouvelles technologies (et réaliser quelques rêves artistiques). Années après années avec une soif insatiable d'apprendre je me suis enrichi des collaborateurs/clients que j'ai pu rencontrer et des missions que l'on m'a confié. Puis j'ai eu mon diplôme grâce à la validation des acquis de l'expérience qui est un dispositif important.

Longtemps j'ai eu, comme beaucoup d'autodidactes, un complexe face à ceux qui avaient fait des écoles de commerce, des écoles d'ingénieur, Sciences Po ... D'ailleurs on vous le fait parfois remarquer (heureusement de plus en plus rarement) : Vous n'avez pas de diplôme important donc ce que vous faites n'est pas sérieux et jamais vous ne pourrez réussir. Un jugement implacable autant qu'erroné.

Depuis j'ai pris de la distance avec ce type de remarques. Tout d'abord parce qu'il n'y a selon moi dans la vie rien de plus enrichissant que l'expérience.

Sans vouloir faire de généralités, je vois l'autodidacte comme un guerrier qui étape après étape, échelon après échelon, tentera toujours de donner le meilleur de lui même pour avoir une longueur d'avance. Peut être quelque part pour prouver sa compétence il en fera toujours plus que d'autres. Le moteur est principalement la soif d'apprendre et le goût de l'expérimentation. Il sait qu'il n'y a pas de sous métier. Souvent l'autodidacte est d'ailleurs entrepreneur, ce que j'ai moi même été pendant 4 ans. Il y a des exemples célèbres pour le démontrer : François Pinault en France pour ne citer que lui, et même Steve Jobs parmis d'autres grands noms du monde de l'industrie numérique.

Pour être honnête j'ai de l'admiration pour ceux qui font de longues et intéressantes études. Je n'oppose pas d'ailleurs les uns et les autres sachant que nous sommes tous complémentaires. Je pense cependant que les autodidactes, même si cela change notamment dans le domaine de l'économie numérique, ne sont pas assez bien exploités pour leurs qualités. Par ailleurs ce type de réussites de plus en plus nombreuses (et encouragées notamment par le statut des auto-entrepreneurs) devrait nous interroger sur notre modèle éducatif.

J'ai souvenirs en cours d'heures pénibles passées à écouter des professeurs (sauf cas particuliers en économie ou en sciences politiques par exemple, matières pour moi passionnantes) qui m'ennuyaient. A l'heure où l'on parle de plus en plus d'exclusion scolaire, n'y a-t-il pas matière à réfléchir sur d'autres méthodes basées d'avantage sur l'expérimentation ? Egalement il est possible que nous soyons trop jeunes au collège et au lycée pour percevoir l'importance et les subtilités de certains cours, revenir dans un cursus éducatif ne devrait plus être un tabou.

Pour conclure cela n'empêche pas que je souhaite la meilleure réussite scolaire possible à mes enfants. J'espère qu'ils trouveront un épanouissement scolaire plus important que celui de leur père. Je garderais cependant à l'esprit que nous ne sommes pas tous issus d'un même et unique moule, c'est ce qui fait notre richesse.

mardi, 29 décembre 2009

Vive le télétravail !

teletravail.jpgEn choisissant les catégories où se logerait cette note de blog j'ai eu l'embarras du choix : Economie, Emploi, Famille, Société et bien sûr Gestion de Projets, et Révolution Web 2.0

En effet le sujet de ce texte, le télétravail, est de nature à bouleverser de nombreuses facettes de nos vies professionnelles mais aussi personnelles.

Je connais bien le sujet pour avoir été, comme je l'ai expliqué, à mon compte pendant 4 ans et donc en télétravail.

Bien entendu seuls les professions qui ne nécessitent pas d'être en permanence sur son lieu de travail sont concernées, et le Web a apporté les outils indispensables pour le travail à distance comme le téléphone illimité, l'email, la messagerie instantanée, la visio-conférence, le travail collaboratif et participatif (exemple : Googledocs) et plus généralement tout ce qui permet de conserver ses documents et outils dans les nuages. C'est donc bien l'une des révolutions que peut apporter le Web, et le Web 2.0, dans nos vies.

Que ce télétravail soit permanent ou de courte durée j'y vois beaucoup d'avantages :

  • Organisation de son temps en fonction des besoins de l'activité, et non d'horaires de travail fixes et pas forcément adaptés.
  • Gain de temps sur les transports (nombreux sont ceux qui passent plusieurs heures dans les transports qu'ils soient en commun ou non).
  • Gain sur les coûts pour l'entreprise (locaux parfois surdimensionnés, partage des coûts sur les outils entre utilisation personnelle et professionnelle).
  • Pas de contagion en cas de maladie même si bénigne.
  • Organisation de son temps en fonction également des besoins familiaux (horaires scolaires, maladie des enfants ...)

Au final il me semble qu'il y a des avantages tant économiques qu'écologiques, ainsi que sur le bien être des familles.

Seulement il y a des écueils à éviter. Il faut rester disponible pour ses clients et ses collègues dans les horaires où ils ont l'habitude de travailler (ce qui impose parfois des grands écarts), et avoir une forte discipline sans tendance à paresser lorsque l'on est chez soi. Par ailleurs attention de ne pas empiéter sur la vie familiale si on a des difficultés à cloisonner les activités, et cette difficulté est certainement la plus difficile à appréhender. Enfin, il ne faut pas avoir tendance à s'isoler et trouver un équilibre avec des réunions "physiques" régulières avec ses collègues et ses clients.

Le télétravail ne convient donc pas à tous, mais reste selon moi une formidable opportunité temporaire ou plus pérenne de travailler plus efficacement. C'est en tout cas ce que j'ai constaté durant plusieurs années en tant que profession libérale. J'ai pu ainsi gérer une activités sur des horaires très larges (9H - Minuit) et m'occuper parallèlement de ma première petite fille pendant ses 2 premières années. Et cela comme dirait l'autre, ça n'a pas de prix.